L'aigle royal
La protection de l'espèce au sein de la réserve
La découverte de l'aigle royal sur le terrain date de 1977. L'ancien propriétaire a vendu le terrain en négociant une protection de l'aigle royal par le respect de son biotope.
Le projet "pré des aigles" démarre concrètement en 1990 avec l'installation du troupeau de Black Face pour le maintien des milieux ouverts.
Un nid artificiel est construit et accepté par les aigles royaux qui vont nicher plusieurs fois.
Les lapins de garenne prolifèrent, apportant une ressource en nourriture non négligeable.
Une ligne EDF très dangereuse entre st André de Buèges et Madières est démontée suite à la mort de plusieurs rapaces (un grand duc, deux aigles royaux, un aigle de bonneli) entre St André de Buèges et Madières.
Les aigles sur le terrain connaissent une protection difficile : rejet de dossier de protection par l'administration, refus d'un arrêté de biotope malgré plusieurs disparitions d'aigles.
Il est donc décidé d'agir directement : une cloture tampon est mise en place aux abords du nid afin d'avertir les promeneurs en période de nidification. Les dérangements ont nettement diminués depuis, mais persistent toujours (chasseurs, trials, promeneurs, photographes), alors que les hélicoptères de l'armée parcourent régulièrement les gorges.
La seule protection offerte est donc physique par des panneaux, et les périodes de chasse sont négociées avec plus ou moins de succès (malgré le statut de réserve de chasse, des chasseurs s'introduisent quand meme sur le terrain sous prétexte de "chercher leur chien"). Cela pose la question à propos de l'inexistance protection des espèces protégées par l'administration
Cette protection s'avère pourtant nécessaire, les couples d'aigles royaux sont en nette augmentation dans le massif central, mais cette espèce reste très fragile et sensible au dérangement.
Nous attachons donc une grande importance à la tranquilité des animaux sauvages, dont les aigles bien évidemment.
C'est pour cette raison que l'accès aux visiteurs est restreint aux visites guidées, visites qui sont de toutes façons bien plus instructives qu'un circuit libre. Cela permet de garder un contrôle pour éviter des dérangements d'animaux sauvages. Ce controle est d'autant plus légitime que, rappelons le, nous sommes ici dans une propriété privée et le but premier de cette réserve est de protéger la biodiversité présente.
Le périmètre de quiétude
Quelques règles simples sont à respecter par le promeneur, photographe, observateur.
Au sein de la réserve, le périmètre de quiétude étant délimité et la fréquentation limitée par la propriété privée, la protection est bien visible et relativement efficace. Par contre, le reste des sites de nidification dans la région ne sont pas protégés physiquement.
Les règles sont très simples : en période de nidification, la distance à respecter pour ne pas déranger est de 700m minimum (1km est l'idéal) depuis le nid.
Un caméraman s'est fait condamner pris en flagrant délit (par l'ONCFS) de dérangement intentionnel à proximité d'un nid en 2007 dans les pyrénées, concernant des gypaètes barbus qui étaient suivis.
Pourquoi une telle distance ? L'aigle royal est une espèce très fragile. Un seul dérangement au nid et le couple peut abandonner l'aire pendant plusieurs heures, ou définitivement. Si l'oeuf ne reçoit pas assez de chaleur par la couvaison, alors la nidification échoue. Si le poussin n'est plus nourri, la nidification échoue.
Les photographes sous-estiment souvent bien trop ces problèmes et leur incidence, c'est pour cela que nous apportons la plus grande vigilance avec le couple présent sur la réserve. Sans parler des autres animaux sauvages , protégés ou non, qui errent et se reproduisent sur le terrain.
Livre sur l'aigle royal dans le massif central
Il n'existait pas d'étude récente et complète, en langue française, sur ce rapace mythique. Cette monographie vient donc combler un vide. Elle se donne pour ambition d'informer un large public sur les exigences de l'espèce, d'en montrer l'étonnante puissance et la saisissante beauté, mais aussi sa fragilité face aux activités humaines.
Bernard Ricau, agent du parc national des Cévennes, nous fait partager ses connaissances dans un livre complet sur l'Aigle royal. Les photographies de ce livre, réalisées par Vincent Decorde, on été en partie prises dans la réserve du Ranquas (avec toutes les précautions qu'il faut pour ce genre de photo animalière, affut en arrivant la nuit et sortant la nuit, ect). Les retombées financières de la vente du livre sont reversées à la réserve du Ranquas et au centre de sauvegarde de la faune sauvage à Millau.
